[Skip to content]

MEMBERS' LOG IN
.

Sep 7th - - Libération - L'Iran encore loin de la bombe atomique

Iran Dossier Cover
A deux semaines d'une réunion cruciale à Vienne sur le programme nucléaire iranien, l'Institut international des études stratégiques (IISS) de Londres a estimé, dans un rapport publié hier, qu'il faudrait plusieurs années d'efforts acharnés à Téhéran pour surmonter toutes les difficultés techniques posées par la fabrication d'une arme atomique. "Si l'Iran renonçait à toute prudence et cherchait à obtenir une capacité nucléaire aussi vite que possible, il pourrait être capable de produire assez d'uranium hautement enrichi pour une seule arme nucléaire d'ici à la fin de la décennie, a déclaré John Chipman, directeur de l'IISS. L'option nucléaire n'est pas imminente. Et on ne sait pas si le pays a l'expertise pour fabriquer une arme nucléaire."
IISS in the press icon
07 September 2005: Libération
 
By John-Pierre Perrin
 
A deux semaines d'une réunion cruciale à Vienne sur le programme nucléaire iranien, l'Institut international des études stratégiques (IISS) de Londres a estimé, dans un rapport publié hier, qu'il faudrait plusieurs années d'efforts acharnés à Téhéran pour surmonter toutes les difficultés techniques posées par la fabrication d'une arme atomique. "Si l'Iran renonçait à toute prudence et cherchait à obtenir une capacité nucléaire aussi vite que possible, il pourrait être capable de produire assez d'uranium hautement enrichi pour une seule arme nucléaire d'ici à la fin de la décennie, a déclaré John Chipman, directeur de l'IISS. L'option nucléaire n'est pas imminente. Et on ne sait pas si le pays a l'expertise pour fabriquer une arme nucléaire."

Option. Le rapport de l'IISS repousse donc l'échéance de la bombe iranienne à au moins cinq ans dans l'hypothèse la plus pessimiste. Les experts estiment que le risque d'isolement international va pousser le régime islamique à la prudence sans pour autant se fermer la voie nucléaire à long terme. "Plutôt que se précipiter sur la bombe, l'Iran pourrait chercher à acquérir graduellement une capacité de production nucléaire plus importante, sur une décennie ou plus, avant de décider s'il utilise l'option de l'arme", a commenté Chipman. Selon lui, les Iraniens ont actuellement le sentiment que garder l'option leur permet de "surnager dans une mer d'Etats nucléaires" et de "renforcer leur position de négociation face à des Etats plus puissants, comme les Etats-Unis".

Pour la communauté internationale, la politique à mener sera délicate, d'autant que Téhéran a repris la conversion d'uranium le 8 août. "Il faudra faire pression et trouver des récompenses pour persuader l'Iran de ne pas développer une maîtrise du cycle du combustible qu'il pourrait ultérieurement transformer en programme d'armements", estime le rapport. "L'Iran est maintenant beaucoup moins inquiet d'une attaque américaine à cause du chaos en Irak. Ils tâtent le terrain", a noté Gary Samore, auteur du rapport.

Ligne dure. Selon d'autres experts non liés à l'IISS, la politique iranienne a déjà changé depuis l'arrivée au pouvoir de Mahmoud Ahmadinejad. Ce dernier s'est ainsi vu confier par le Guide suprême, l'ayatollah Khamenei, la direction du programme nucléaire, signe d'une ligne plus dure. Selon ces experts, dans ses rapports très tendus avec la troïka européenne (France, Royaume-Uni, Allemagne), Téhéran a privilégié Berlin, considéré comme plus conciliant.