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07 Feb 2008 - - L'Humanité - Paris prêt pour la guerre afghane?

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 La situation dans le sud afghan est "instable", répète Condoleezza Rice à ses interlocuteurs, prenant appui sur le rapport de l'Institut de réflexion stratégique IISS de Londres estimant fort à propos que l'Afghanistan deviendrait un État "défaillant" si l'OTAN ne parvenait pas à vaincre les taliban. Un autre cercle de réflexion, le Senlis Council, a averti que le pays était au bord du "précipice" et que les efforts de la communauté internationale pourraient se révéler "infructueux" si elle ne fait rien rapidement pour "stabiliser le sud et renforcer la base politique (du président) Karzaï".

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

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07 February 2008: L'Humanité

  

Par Dominique Bari

 

OTAN . La France pourrait s'engager plus fortement dans l'escalade militaire de l'Alliance en Afghanistan.

  

"Il est vrai, nous n'en faisons pas un secret, certains alliés se trouvent dans les parties les plus dangereuses du pays. Nous sommes convaincus qu'il faut partager ce fardeau au sein de l'Alliance." C'est avec la mission de faire accepter ce partage que la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, est arrivée hier à Londres pour discuter de l'épineux dossier afghan après avoir fortement appelé les pays membres de l'OTAN à s'engager davantage dans les régions les plus dangereuses du pays.

 

Les États-Unis ont déjà publiquement salué la Grande-Bretagne, le Canada, les Pays-Bas et le Danemark, ainsi que l'Australie, non-membre de l'OTAN, pour avoir accepté de participer à leurs côtés aux opérations militaires contre la rébellion taliban dans le sud de l'Afghanistan. La France et l'Allemagne sont sollicitées pour faire plus. Berlin a catégoriquement refusé, rappelant que son mandat exclut un engagement dans le sud, sauf circonstances exceptionnelles et limitées dans le temps. Il accepte en revanche de fournir le contingent de la Force de réaction rapide dans le nord de l'Afghanistan en remplacement du contingent norvégien.

 

Les Français pour leur part concentrés dans la zone de Kaboul font déjà intervenir Mirage et Rafale. De source militaire américaine, les Mirage ont, en novembre dernier, mené une dizaine de missions d'attaque au sol. Soit une tous les trois jours. Or, si l'engagement de Berlin en Afghanistan est l'objet d'un débat public et au sein du Parlement, l'intégration de Paris à une guerre qui ne dit pas son nom reste du ressort du prince. En l'espace de quelques jours, l'Élysée a reçu le secrétaire général de l'OTAN, Jaap De Hoop Scheffer, lequel a plaidé naturellement pour "faire davantage (en Afghanistan)", mais a-t-il confié, "il n'est pas utile de faire cela publiquement".

 

Le patron de l'Alliance atlantique dit encore avoir eu "l'impression" que Paris pourrait "prendre plus de responsabilités en Afghanistan". Une position propre à mettre du baume au coeur du premier ministre canadien, Stephen Harper, lui aussi de passage, mardi, à l'Élysée, qu'il a informé de sa décision de retirer ses 2 500 soldats de la région de Kandahar l'an prochain faute d'aide supplémentaire de l'OTAN. Mais même si Ottawa obtenait les renforts réclamés, la prolongation de la mission canadienne ne serait pas acquise. Celle-ci doit faire l'objet d'un vote au Parlement, où l'ensemble de l'opposition est hostile à la poursuite d'une mission de combat après 2009. D'où les pressions accrues de Washington sur le reste des alliés et plus particulièrement sur la France aux dérives pro-Bush affirmées.

 

La situation dans le sud afghan est "instable", répète Condoleezza Rice à ses interlocuteurs, prenant appui sur le rapport de l'Institut de réflexion stratégique IISS de Londres estimant fort à propos que l'Afghanistan deviendrait un État "défaillant" si l'OTAN ne parvenait pas à vaincre les taliban. Un autre cercle de réflexion, le Senlis Council, a averti que le pays était au bord du "précipice" et que les efforts de la communauté internationale pourraient se révéler "infructueux" si elle ne fait rien rapidement pour "stabiliser le sud et renforcer la base politique (du président) Karzaï".

 

C'est dire que plus de six ans après la chute des taliban, l'escalade se poursuit. Le général canadien Marc Lessard promet, pour 2008, "des opérations plus intensives" contre les insurgés. Avec quels résultats à la clé ? Les avions américains et européens, qui ont effectué depuis le début de l'été plus de – 2 000 sorties aériennes (soit dix fois plus qu'en Irak au cours de la même période) ont fait de nombreuses victimes civiles, nourrissant le sentiment d'occupation de leur pays des Afghans à l'égard des forces étrangères.